La radiochirurgie est une technologie peu invasive permettant de traiter certaines lésions intracérébrales sans avoir recours à un geste de neurochirurgie ouverte classique. La précision de l’irradiation et sa réalisation en conditions stéréotaxiques permettent de considérer l’utilisation du rayonnement comme un bistouri d’où le terme de radiochirurgie (un des premiers appareils se nomme le gamma knife ou bistouri à rayon gamma).

Principes

Cette technique reste peu répandue du fait de l’équipement lourd qu’elle requiert. Elle nécessite un irradiateur spécifique (accélérateur linéaire ou sources multiples de cobalt 60), permettant de traiter des cibles de petite taille (généralement inférieures à 30 mm), mais aussi d’effectuer des traitements fonctionnels (névralgies du nerf trijumeau).

Un cadre de stéréotaxie est fixé sous anesthésie locale sur le crâne du patient, ce qui permet de réaliser un repérage neuroradiologique très précis par scanner, IRM voire artériographie cérébrale. Ensuite, la cible du traitement et les organes à risques du voisinage sont déterminés par le neurochirurgien et le radiologue.

Ensuite, le radiothérapeute, avec les physiciens, définit le mode de délivrance et la dose de rayons idéale à délivrer en fonction de ces informations.

Après de nombreuses simulations, le patient, toujours porteur de son cadre, est installé dans l’accélérateur et le traitement est effectué. La durée totale de l’irradiation est généralement de quelques dizaines de minutes, et est réalisé sous anesthésie locale.

A Toulouse, il existe un des 3 centres dédiés à la radiochirurgie cérébrale en France, dans un centre régional réunissant les deux CHU toulousains, le CHU de Limoges et la Clinique des Cèdres. La technologie utilisée est un accélérateur de particule spécifique de type Novalis (BrainLAB©).

Indications

La radiochirurgie permet de traiter des malformations artério-veineuses, certaines tumeurs bénignes (neurinome de l’acoustique = schwannomes vestibulaires, méningiomes, adénomes hypophysaires) et certaines tumeurs malignes (essentiellement les métastases cérébrales).

Il est également possible de traiter certaines douleurs faciales (névralgie du trijumeau) lorsqu’elles résistent aux traitements médicaux.

Dans notre équipe, après une première consultation avec le neurochirurgien, chaque dossier est discuté de façon multidisciplinaire à la réunion hebdomadaire du centre régional de radiochirurgie de Rangueil (Novalis) et la conclusion est ensuite expliquée et validée par le patient après information complète et loyale.

Bertrand Debono

Dr Bertrand Debono Neurochirurgien

Fiche actualisée le 21 mai 2016

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